Adaptation Scolaire - Scolarisation des élèves handicapés HAUT-RHIN 68

Faciliter la scolarisation d’un enfant dyspraxique

Les dyspraxies sont des anomalies de la planification et de l’automatisation des gestes volontaires, et ce indépendamment de la commande motrice proprement dite (pas de paralysie). Les gestes sonts lents, maladroits, non coordonnés ; ils demandent des efforts importants et génèrent de la fatigue. La plupart des dyspraxies s’accompagnent de troubles de l’organisation du regard et de la structuration de l’espace.

Les élèves atteints de dyspraxie ont un retard graphique, des difficultés en lecture, en repérage sur une feuille, un tableau et dans certaines activités arithmétiques et de géométrie ; mais ce sont des élèves vifs, curieux, intelligents qui ont une excellente mémoire.

Il est important que le diagnostic soit posé afin de mettre en place les rééducations nécessaires et les adaptations indispensables.

Comment aider un élève dyspraxique en maternelle ?

  • Ne pas assimiler niveau graphique et maturité intellectuelle.
  • Ne pas insister sur les jeux de cubes, legos, puzzles, mosaïques...
  • Ne pas proposer de maintien en maternelle, cela n’améliorerait rien. Mais plutôt
  • L’encourager, verbaliser, l’aider dans les activités de découpage, collage, pliage.
  • Pour les dessins, valoriser ses commentaires plutôt que la réalisation.
  • Entraîner son attention et sa mémoire.
  • Proposer l’utilisation de l’outil informatique, en liaison avec son ergothérapeute.

Comment l’aider à partir de l’école primaire ?

Au quotidien

  • Décortiquer les tâches en étapes simples et les présenter une à la fois.
  • Présenter l’information de façon simple et structurée, pas de surcharge inutile.
  • Guider verbalement et physiquement les nouveaux gestes moteurs.
  • Viser l’automatisation des gestes : démontrer toujours de la même façon, donner des temps d’exercices, pour permettre autant que possible la maîtrise de l’action.
  • Diminuer la quantité au profit de la qualité.
  • Allouer plus de temps qu’aux autres élèves pour terminer la tâche et prévoir des temps de pause.
  • Fixer des objectifs réalistes, adapter la tâche et le matériel aux capacités.
  • Outiller l’élève pour améliorer son organisation, fournir des repères visuels ou auditifs selon ses besoins et expliciter les étapes.
  • L’aider à développer un langage intérieur en lui faisant expliciter la tâche.
  • Se référer à des expériences connues lors d’un nouvel apprentissage, faire le lien avec le vécu.
  • s’assurer que l’élève a une bonne posture assise, les 2 pieds à plat au sol et les avant-bras sur le dessus de la table sans élévation des épaules, et les bons outils.
  • Voir l’enfant de façon positive, afin qu’il adopte une attitude semblable envers lui-même.

Par rapport au graphisme

  • Encourager une prise adéquate du crayon, voire utiliser des crayon triangulaires ou des adaptateurs triangulaires.
  • Possibilité d’élargir, si besoin, les interlignes, de marquer plus formtement la ligne.
  • Limiter l’écriture manuscrite ; préférer les exercices à trous et tolérer un graphisme malhabile et agrandi.
  • Éviter tous les exercices de copie inutile, le contrôle du geste graphique absorbe toute son attention le laissant peu disponible pour d’autres informations plus conceptuelles.
  • Préférer les photocopies de qualité, claires et aérées.
  • Utiliser si possible un ordinateur, en liaison étroite avec ses rééducateurs.

Par rapport aux mathématiques

  • Éviter les activités de dénombrement, de comptage, il s’y perd et cela finit par être néfaste à sa compréhension du nombre.
  • Éviter les exercices où la consigne est de relier des éléments : les traits qui se croisent le perdront.
  • Éviter la manipulation d’objets concrets, le comptage sur les doigts.
  • Préférer l’apprentissage par cœur des résultats (table d’addition, compléments à 10...), l’utilisation des constellations.
  • Attention aux opérations posées ; utiliser plutôt la frise numérique pour les notions d’ajout ou de retrait ou lui fournir des quadrillages simples pour inscrire l’opération. Permettre l’utilisation de la calculette quand l’objectif premier n’est pas la pose de l’opération.
  • Les tableaux à double entrée sont à utiliser avec beaucoup de précaution, à cause des troubles visuo-spatiaux et non pour des raisons conceptuelles.
  • Éviter le recours au figuratif, au matériel, au schéma, préférer le raisonnement verbal.
  • L’échec en géométrie risque d’être constant et rebelle ; préférer l’utilisation de logiciels informatiques spécialisés (TGT, outil de l’INSHEA ; géogébra...), les outils de géométrie restent très compliqués.

Par rapport à la lecture :

  • L’apprentissage des mécanisme de lecture ne pose pas de problème en général, mais souvent la lecture courante est plus complexe du fait de leur fatigabilité et des troubles visuo-spatiaux.
  • Prévoir un bilan orthoptiste.
  • Augmenter la taille des textes, des interlignes ; marquer le début de la ligne ; utiliser un guide-ligne ; essayer de déceler quelle est la police d’écriture qui convient le mieux (bonne séparation des mots, espace régulier entre les lettres...).
  • Utilisation éventuelle d’un lutrin.
  • Veillez à la présentation aérée des textes avec une typographie et une présentation simple. Un seul exercice par page.
  • Faites-leur la lecture avant le questionnaire, ou proposer des textes enregistrés.
  • Lire le questionnaire avant le texte ; il repèrera les extraits plus facilement.
  • L’orthographe d’usage a du mal à se mettre en place. Là aussi, l’outil informatique avec un logiciel prédictif peut être une aide efficace.

Dans les autres matières, les évaluations et sa vie quotidienne

  • L’aider à gérer ses affaires scolaires, un tuteur volontaire par exemple est souhaitable.
  • Désigner un secrétaire pour noter les devoirs.
  • Le dispenser au moins partiellement, de la réalisation des cartes, schémas, dessins ou tolérer une approximation.
  • Dans les évaluations, lui laisser un tiers temps ou alléger l’évaluation en fonction de ses difficultés sans le pénaliser. Préférer dès que cela est possible l’évaluation orale.
  • En général, s’appuyer sur les descriptions verbales plus que sur le visuel.
  • Éviter la multiplication et l’éparpillement des informations sur un même support (mur de la classe, tableau, page...)
  • Rappelez-vous qu’ils apprennent en écoutant et en observant.
  • Éviter les redoublements dus exclusivement aux mathématiques et conseiller l’orientation vers des voies non scientifiques.

Ces enfants ne sont ni paresseux, ni immatures et sont très intelligents. Ils sont dépendants de l’adulte qui voudra bien mettre en place les adaptations nécessaires pour qu’il puisse acquérir les compétences nécessaires. Il faut les aider sans les humilier.

Le document joint présente sous forme de fiche les adaptations possibles.


1er avril 2014
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